Projet d'album de bande-dessinée : Stand-by
Le syndrome de résignation est un phénomène observé principalement en Suède depuis le tournant du siècle.
Plusieurs centaines d'enfants ont été concernés par cette maladie touchant ceux issues de la migration, et
menacés d'expulsion. Ces enfants, victime d'un mécanisme d'autodéfense plongent alors dans un sommeil
continu pendant parfois plusieurs mois. Les réflexes de réaction à la douleur sont comme débranchés. Ce n'est
pas un coma: les enfants rêvent pendant cette période.
Cet état m'a fait pensé à celui de nos appareils ménagers qui n'attendent que de pouvoir reprendre leur
fonction, le "stand-by". Car dés qu'une issue administrative est trouvée à leur situation, le réveil se produit en
quelques semaines. On peut éluder un doute: les médecins constatent par des tests qu'il ne s'agit pas de
simulation.
J'ai voulu mettre ce drame en scène avec une jeune fille, Amira, fuyant les bombardements au Yémen et cherchant refuge en Suède. Mettre en scène aussi notre bonne conscience européenne au travers du personnage d'Erik, un homme dont le confort va être soudain lié à celui d'Amira. Enfin, Stefan, un partisan de l'extrême droite xénophobe suédoise. Les fils narratifs de ces trois destins s'entrelacent avec les souvenirs de la jeune fille et ses rêves, dans lesquels, sous la métaphore d'un bouclier magique qui peu à peu va se retourner contre elle, on comprendra mieux comment ce qui protège devient ce qui aliène. Au cours de l'histoire, Amira se comparera à une particule élémentaire menant un parallèle poétique entre son destin et les règles de la physique quantique, qu'elle aimerait étudier.

L'album devrait recueillir plus ou moins 84 pages en couleurs en format A4. Il est réalisé entièrement en digital
avec Krita. Le thème de cette histoire m'a été recommandé par Blandine Lanoux, éditrice de la maison Félès.
J'en ai imaginé et écrit l'histoire.
Résumé
Amira, une jeune Yéménite nouvellement arrivée en Suède
après un périple dramatique durant lequel elle a du enterrer
elle-même son petit frère, sombre dans l'apathie précédant le
syndrome de résignation. Alors qu'elle s'endort dans le bus qui
la ramène chez elle, elle est kidnappée par un membre radical
d’extrême droite, Stefan, qui voit dans cette proie offerte
l'occasion de faire une démonstration politique.
Erik est un ingénieur suédois qui connaissait le père d'Amira. Il
lui avait rendu visite au Yémen, quelques mois auparavant. Son
ami l'avait enjoins de prendre avec lui une jambiya, une de ces
dagues traditionnelles que porte chaque homme à la ceinture,
pour la monnayer en Suède. Erik avait refusé mais s'était vu
contrôlé à l'aéroport de Stockholm avec l'objet dans ses
bagages.
Une reporter avait utilisé pour une campagne de l'Unicef, le portrait qu'elle avait fait d'Amira au moment où
celle-ci fuyait les bombes. Erik la reconnaît à cette occasion et depuis la photographie remonte la filière de
personne en personne jusqu'à retrouver la trace de la jeune fille dans une école de Malmö.
Au moment où Stefan compte se débarrasser du corps inerte d'Amira, Erik intervient avec la police pour le
faire arrêter. L'ingénieur n'aura d'autre choix que d'attendre la régularisation du visa d'Amira pour espérer son
réveil et un éventuel témoignage, convaincu qu'elle a elle-même glissé le poignard dans sa valise.
